Les zones humides en droit marocain
Abstract
Les zones humides — marais, marécages, tourbières, plaines d'inondation, plans d'eau artificiels — assurent la synthèse écologique entre terre et eau, offrent refuge à la faune sauvage et jouent un rôle de filtre naturel contribuant à la qualité de l'eau, tout en demeurant des écosystèmes fragiles soumis à de fortes pressions anthropiques. Le droit marocain ne leur reconnaît aucun statut juridique spécifique : elles restent appréhendées de manière fragmentaire à travers des législations connexes — politique des barrages, code des investissements agricoles de 1969, dont les dispositions incitant à l'assainissement et au drainage des terres contribuent paradoxalement à leur régression, ou encore législation sur la chasse. La tutelle institutionnelle se trouve elle-même éclatée entre plusieurs départements ministériels (Agriculture - Direction des Eaux et Forêts, Equipement - Direction de l'Hydraulique, Intérieur - Division de l'Environnement), source de difficultés de coordination inter-institutionnelle. Les zones humides demeurent ainsi sous-évaluées au Maroc comme ailleurs, la conscience de leur importance écologique, scientifique et économique restant largement à construire, tant auprès des pouvoirs publics que du grand public.
Recommended Citation
Mekouar, Mohamed Ali
(1982)
"Les zones humides en droit marocain,"
Revue Marocaine de Droit, d'Economie et de Gestion (Moroccan Journal of Law, Economics and Management): Vol. 1:
Iss.
2, Article 32.
https://doi.org/10.66499/2665-7112.1765
Available at:
https://scholarhub.univh2c.ma/remadeg/vol1/iss2/32
DOI
10.66499/2665-7112.1765