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Déchets dangereux dans les Médina (centres historiques) du Maroc

Abstract

Les médinas marocaines (Fès, Meknès, Rabat, Salé, Marrakech notamment), préservées en tant que patrimoine architectural et culturel, souffrent d'une inadéquation croissante entre leur structure urbaine héritée et les technologies modernes de collecte et d'élimination des déchets. Les équilibres traditionnels, qui permettaient jadis une digestion naturelle des déchets biodégradables grâce à la présence de la nature dans et autour de la ville (jardins, jnanes, arsa) — à l'exemple emblématique de Fès et de son réseau hydraulique séculaire irriguant la totalité de l'espace urbain —, ont été rompus par les mutations démographiques, sociales et culturelles à l'origine de l'aggravation actuelle de la pollution des médinas. Les municipalités organisent en réponse des campagnes périodiques de sensibilisation et de nettoiement concentrées sur certains quartiers, dans des conditions de travail précaires pour les éboueurs, et ont engagé la construction d'usines de traitement (Salé, puis Fès) pour valoriser les déchets en compost destiné aux ceintures maraîchères périphériques. L'étroite interdépendance entre les médinas et leurs périphéries rurales fait toutefois de la mauvaise gestion des déchets urbains un risque pour la santé publique de toute l'agglomération, via l'irrigation des cultures maraîchères par des eaux polluées, ce qui appelle une approche intégrée de l'assainissement dans le cadre plus large des programmes de réhabilitation des médinas.

DOI

10.66499/2665-7112.1761

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